Intervention Guillaume Gellé, vice-président de France Universités à l’HCERES, le 29 juin

France Universités souhaite tout d’abord rappeler l’importance accordée à l’évaluation par les universités et les établissements du supérieur dont le paradigme doit évoluer vers un principe d’auto-évaluation prospective associée à une évaluation a posteriori.
Pour France Universités, l’objectif est de permettre à l’Etat stratège sur la base d’un contrat d’objectifs et de moyens pluri-annuels, de prescrire moins, de laisser aux universités une plus grande liberté, une plus grande autonomie de mise en œuvre de leur stratégie propre, reposant sur la confiance, avec une évaluation ex-post (1). L’évaluation passe pour cela par une reconnaissance effective du rôle de l’établissement.

– Les établissements tiennent à faire l’objet d’évaluations transparentes et publiques. L’évaluation appartient au quotidien du monde de la formation et de la recherche, à la fois condition de l’apprentissage, de la démarche scientifique et de la reconnaissance par les pairs et la société.
– Les universités souhaitent bénéficier d’une confiance renforcée d’un l’État davantage stratège, avec une évaluation a posteriori.
– La qualité des évaluations des établissements est un élément essentiel du dialogue entre la tutelle et les établissements, elle est aussi un élément de confiance pour leurs usagers et partenaires.
– L’HCERES doit être conforté dans son rôle d’évaluateur appliquant les standards nationaux et internationaux, de même que doit être encouragée la possibilité de recours à des évaluations autres, notamment internationales. La question de l’évaluation des universités européennes se pose d’ailleurs.
– L’évaluation doit former un processus global et intégré, à partir de la stratégie de l’établissements intégrant l’évaluation de l’offre de formation en lien avec celle des unités de recherche.

1. Quelle utilité réelle les rapports du Hcéres présentent-ils pour aider les institutions et entités évaluées à élaborer leur stratégie et à piloter leur action ?

Il y a des états d’avancement différents entre établissements sur leur niveau d’auto-évaluation, une graduation dans l’élaboration de la stratégie, les rapports HCERES présentent une utilité différente suivant ces graduations.
Quelques établissements n’ont pas encore une feuille de route ni d’auto-évaluation bien claire. Les référentiels peuvent les aider à faire leur auto-évaluation. Les rapports de l’HCERES présentent alors un fort intérêt pour voir comment l’Etablissement répond aux obligations de l’Etat, comment ils peuvent préciser leur stratégie.
D’autres établissements, la plupart, ont commencé à faire régulièrement leur autoévaluation, ils ont un plan stratégique mais pas toujours encore de déclinaison en mise en œuvre. Le rapport HCERES permet d’avoir un état des lieux d’un ensemble d’activités, partagé par tous et peut les aider à décliner leur stratégie. Enfin, il y a des établissements qui ont un plan stratégique, une feuille de route et une auto-évaluation. L’utilité des rapports de l’HCERES c’est, je crois, d’entrainer tous les établissements vers cette dernière catégorie, dans une perspective du temps à venir.
Dans le domaine de la recherche, la plus-value est surtout importante pour voir comment certaines unités de recherche qui fonctionnent moins en mode collectif se saisissent, s’approprient la politique de l’établissement, la dynamique globale de recherche, comment elles la mettent en œuvre et se projettent dans l’avenir.
La synthèse recherche permet aussi de proposer des éléments de politique scientifique en fonction des tendances observées (ex améliorer la qualité des supports de publications, améliorer la cible touchée- public visé plus qu’impact facteur-, développer l’international…). Par exemple, les évaluations et recommandations aux unités de recherche peuvent inciter les établissements à affecter un financement dédié à la trajectoire d’amélioration de celles-ci (financer l’international, la traduction d’articles, le financement de jeunes recrutés, la mobilité pour le montage de projet européens…) de manière spécifique, avec un suivi par le CS de l’usage de ces moyens dédiés et les résultats obtenus (mais pas toujours facile à quantifier).

2. Quelles sont les principales évolutions souhaitées ?

– France Universités se félicite tout d’abord du progrès réalisé avec la vague C dans l’évaluation intégrée que l’HCERES a mis en place, mais elle souhaite qu’elle s’adapte davantage encore aux spécificités de l’établissement. Par exemple, pour la recherche, le prisme de l’évaluation doit être avant tout centré sur les objectifs scientifiques de l’université et pas sur chaque unité de recherche.

– La question de la politique de site n’a pas été toujours bien traitée. Mais le DSG, la politique de site, et l’allocation des moyens recherche doivent évoluer vers un contrat d’objectifs et de moyens.

Car la question de fond, ce sont les liens entre évaluation et contrat d’objectifs et de moyens pluriannuel, contrat dont nous souhaitons voir le rôle renforcé et que nous souhaitons voir financé sur un mode pluriannuel, avec une évaluation a posteriori.

(1) : Voir l’intervention d’Anne-Sophie Barthez devant les DGS jeudi 30 juin, annonçant le souhait de la Ministre de mettre en place des contrats d’objectifs pluriannuels, intervention saluée par Manuel Tunon de Lara.