Présidentielle 2027 : impossible d’imaginer la France sans ses universités
À quelques mois de l’élection présidentielle, France Universités poursuit le travail engagé depuis le début de l’année 2026 pour porter l’Université dans le débat public. Réunis à l’Université de Toulon pour leur Assemblée générale de rentrée, les présidentes et présidents ont confronté leurs réflexions à celles des territoires avant de poursuivre le travail sur leurs propositions pour 2027.
Et si, pour réfléchir à l’Université de demain, on commençait par demander aux territoires ce qu’ils en attendent ?
C’est le parti pris de la table ronde « Quelle université pour le prochain quinquennat ? ». France Universités a donné carte blanche à deux représentantes des collectivités : Auréa Cophignon, pour Régions de France, et Pascaline Lécorché, pour l’AVUF.
Universités et territoires : mêmes intérêts
Premier constat : opposer autonomie des universités et ancrage territorial serait une erreur.
Pour Régions de France, autonomie des universités et ancrage territorial doivent aller de pair. L’État doit garantir le financement des missions de service public et l’égalité entre les territoires, les universités conserver la maîtrise de leur stratégie académique et scientifique, tandis que les collectivités accompagnent l’investissement, la formation professionnelle et le développement économique.
Les régions mobilisent ainsi chaque année plus de 800 millions d’euros en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche. En Région Sud, plus de 74 millions d’euros ont été engagés entre 2023 et 2025, auxquels s’ajoutent près de 97 millions d’euros dans le cadre du contrat d’avenir pour accompagner 156 projets structurants.
Même constat du côté des villes et métropoles. Pour Pascaline Lécorché, « les territoires ont besoin d’universités fortes. Et les universités ont besoin de territoires forts. » Transports, logement, équipements, développement économique, innovation : une université ne se développe pas indépendamment de son territoire. Mais les collectivités, rappelle-t-elle, ne doivent pas devenir des « financeurs de substitution » de l’État.
L’enjeu est donc de faire évoluer la relation : « Nous devons passer de l’accompagnement à la coconstruction. » Autrement dit, associer universités et collectivités plus en amont pour construire ensemble des priorités de long terme.
Des questions très concrètes pour 2027
Les échanges avec les présidentes et présidents ont rapidement dépassé la seule question institutionnelle.
Quels niveaux de qualification pour répondre aux besoins des entreprises ? Comment financer durablement les universités sans faire des collectivités des financeurs de substitution de l’État ? Comment entretenir le patrimoine universitaire ? Quelle place donner aux docteurs dans l’économie ? Comment mieux utiliser la recherche universitaire dans les politiques publiques ?
Sur plusieurs de ces sujets, des convergences se dégagent : préserver l’autonomie des universités tout en renforçant leur dialogue avec les territoires ; maintenir la responsabilité de l’État dans leur financement ; associer davantage métropoles et intercommunalités aux stratégies ; faire du financement de l’enseignement supérieur et de la recherche une priorité nationale, avec des moyens inscrits dans la durée.
L’Université, un sujet de la présidentielle
Cette discussion avec les territoires a précédé une séquence de travail entre présidentes et présidents consacrée à l’élection présidentielle de 2027.
Elle s’inscrit dans une démarche engagée par France Universités depuis le début de l’année 2026 à travers un groupe de travail dédié. À Toulon, les échanges ont permis de poursuivre la construction des propositions qui seront portées dans les prochaines semaines.
Financement et autonomie des universités, recherche, attractivité internationale, jeunesse, transition environnementale, libertés académiques et démocratie : les échanges ont permis de confronter les priorités et d’enrichir le travail déjà engagé.
Un travail collectif qui va se poursuivre au sein de France Universités dans les prochaines semaines, avec les présidentes et présidents d’université, pour construire les propositions qui seront portées à l’occasion de l’élection présidentielle de 2027.
